Au fil de l'Ancre

Extrait de l'Ephéméride conçue et réalisée par le Comité national des traditions (Colonels (er) Parisot, Amoudru et Rives).
Ces extraits sont parus dans l'Ancre d'or de Bazeilles (ancredor@orange.fr), le magazine bimestriel des Troupes de Marine.

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Cliquez pour agrandir l'imageVictoire du général Faidherbe, commandant l'armée du Nord, sur les Allemands du général  Von Goeben à Bapaume (Pas-de-Calais). Le 8e bataillon d'infanterie de la marine (commandant Brunot), s'empare, maison par maison, du village de Biefvillers situé sur la ligne de crête qui domine la ville, au prix de 45 hommes hors de combat. Les Prussiens sont contraints de se retirer dans la nuit. Toutefois la faiblesse de ses moyens, notamment en artillerie, impose à Faidherbe de se replier en direction d'Albert (Somme) à 20 km au sud-ouest. Qualifiés de "retraite infernale par les Allemands", ces combats se termineront à Saint Quentin le 19 janvier (26 combats en 15 jours), interdisant la mainmise prussienne sur le Nord de la France.
Cliquez pour agrandir l'imageLors de son premier engagement en Corée, à Wonjou, le bataillon français de l'ONU (commandant Le Mire) repousse trois attaques successives du 383e régiment nord coréen, formation d'élite. Recevant l'ordre de contre-attaquer, le lieutenant Lainel dit à ses hommes "si vous n'avez plus de munitions, il vous reste vos baïonnettes" et s'élance avec sa section et celle de son camarade, le lieutenant Nicolaï, tandis que de son côté le lieutenant Lebeurrier fait coiffer ses hommes d'un foulard rouge afin d'être mieux reconnus - tous trois sont de l'Arme - 400 mètres les séparent de leur objectif qu'ils vont franchir avec succès sous un feu violent.
Cliquez pour agrandir l'imageLe 6 janvier, le lieutenant-colonel Bonnier, commandant militaire du Soudan, a dégagé le LV Boiteux coincé dans Tombouctou. Inquiet des menaces qui pèsent sur la colonne terrestre du commandant Joffre venant de Ségou, il se porte au-devant d'elle. Son détachement est surpris et massacré à Tacoubâo le 15 janvier. 13 officiers et sous-officiers ainsi que 64 tirailleurs sont tués.
Cliquez pour agrandir l'imageLe régiment de marche d'infanterie de la marine du lieutenant-colonel Coquet et la 30e batterie d'artillerie de la marine font partie du corps d'armée du général Martin des Pallières. Placés en arrière garde de l'armée de l'Est, ils combattent les Prussiens à Pontarlier, puis, le 1er février, leur interdisent le franchissement de la Cluse (Fort de Joux) et ouvrent le passage au gros des forces de l'armée de l'Est vers la Suisse où les forces du général Bourbaki seront désarmées et internées. C'est au cours de ce combat, le dernier de la guerre de 1870, qu'est tué le commandant de Saint Aulaire, commandant le 6e bataillon d'infanterie de la marine. Une petite colonne, conduite par le capitaine de frégate Pallu de la Barrière, comprenant une cinquantaine d'hommes du 5e bataillon d'infanterie de marine, parviendra, par la chaîne du jura et dans les pires conditions climatiques, à rejoindre Gex le 11 février, puis Lyon.
Cliquez pour agrandir l'imagePrise d'Ain Tab en Cilicie. Baptisée par les Turcs le « Verdun turc », cette place était la clé de la région. Elle est attaquée à quatre reprises entre février 1920 et février 1921 (trois fois par les Turcs et la dernière par les nôtres); le jeu de l'assiégé consistant à faire le siège des lignes d'investissement ennemies. La garnison française doit en outre essayer de séparer le quartier turc du quartier arménien, théâtre permanent d'horreurs, d'incendies et de bombardements. Le régiment d'infanterie coloniale du Levant (colonel Normand) et le 17e RTS (colonel Debieuvre) conduisent ces opérations qui seront très coûteuses en hommes et se dérouleront dans des conditions climatiques extrêmes (températures négatives, neige et pluie en hiver, chaleur torride et sécheresse en été). Les lourds efforts fournis par l'armée française ne seront pas payés de retour, puisque, le 11 mars, sera signé à Londres, l'accord franco-turc imposant à la France de restituer la Cilicie à la Turquie. L'évacuation de la Cilicie sera terminée le 20 octobre 1921.
Cliquez pour agrandir l'imageLe colonel Leclerc, à la tête d'une colonne motorisée venue de Faya-Largeau (Tchad), atteint l'oasis de Koufra (Fezzan) défendue par le fort d'EITag ; il attaque la Sahariana, compagnie motorisée italienne de couverture qui tente de dégager le fort et l'oblige à se replier en direction de Tazerbo au nord-ouest. La garnison du fort comprend: 1 officier, 11 Italiens et 273 Libyens. Moins bien armé et équipé que les Italiens, le détachement est rejoint le 19 au soir par la colonne du commandant Dio et entreprend le siège du fort avec un seul canon que le lieutenant Ceccaldi déplace après chaque coup, tirant quotidiennement 20 à 30 obus, de jour comme de nuit, pour tromper l'ennemi sur l'importance des forces françaises. Démoralisée, ignorant tout de son adversaire, la garnison se rend le 1er mars. Elle a perdu 3 Ascaris tués et 4 blessés. Son armement comprenait 4 canons de 20 mm, 3 mitrailleuses de 12,7 mm, 18 mitrailleuses lourdes et 35 légères ou FM. Nos pertes ont été de 4 tués dont 1 Européen, et 21 blessés dont 4 officiers; un véhicule porte-canon a été détruit.
Cliquez pour agrandir l'imageCréation au Tonkin du 8e bataillon de parachutistes coloniaux aux ordres du capitaine Gautier, à partir d'un bataillon de type "B" - 1 CCB et 2 compagnies de FV - et de la 8e compagnie indochinoise de parachutistes. Le 8e BPC compte au départ 5 officiers, 44 sous-officiers, 202 Européens et 345 Indochinois.
Cliquez pour agrandir l'imageLe colonel Loubère succède au général Hennebique comme gouverneur de la Guyane. Aussi vaillant soldat qu'administrateur avisé, il poursuit la tâche de son prédécesseur, consacrant toutes les ressources militaires et civiles fournies par le territoire, y compris la main d'œuvre pénale, à la mise en valeur de celui-ci. De "Terre maudite", la Guyane devient une contrée florissante. En six ans de gouvernement, le colonel Loubère double les recettes de la colonie. Il a donné son nom au quartier qu'occupe le 9e RIMa à Cayenne.
Cliquez pour agrandir l'imageDans la nuit du 24 au 25, la position de Mao Khé (Tonkin), comprenant deux points d'appui (PA) Mao Khé-mine et Mao Khé-village, est violemment attaquée par le Viêt-minh qui dispose de mortiers et de canons sans recul. Le premier PA est tenu par le lieutenant Xuan Toan et sa 150e Cie légère de supplétifs militaires (CLSM), le second par la 1ère Cie du 30e BMTS et un peloton du RICM, avec l'appui du III/RACM. Les deux postes tiennent. Le 27 à 14 h, le 6e BCCP (capitaine Balbin) est largué sur Mao Khé-mine qu'il dégage; il gagne ensuite Mao Khé-village, cible de l'adversaire. Au cours des quatre nuits suivantes, l'ennemi multiplie ses attaques. La DINASSAUT n°1 intervient par le Song da Bach, mais la situation se dégrade. Ce n'est que dans la nuit du 30 au 31 que le groupement du colonel Sizaire peut forcer le général Giap à rompre le contact, laissant 400 cadavres sur le terrain. Le 6e BCCP compte 44 tués et 145 blessés. Son fanion sera décoré de la croix de guerre avec palme par le général de Lattre.
Cliquez pour agrandir l'imageOuverture à Saint-Maixent (Deux-Sèvres) de l'École militaire d'infanterie. Elle devient, à l'issue de la Grande Guerre, École militaire de l'infanterie et des chars de combat (EMICC).Après la Seconde Guerre mondiale, l'École d'application de l'infanterie est recréée au camp d'Auvours (Sarthe) en 1946 avant de revenir à Saint-Maixent, puis d'être transférée à Montpellier (Hérault). Depuis 2010, l'École de l'infanterie est implantée à Draguignan, dans le Var.
Cliquez pour agrandir l'imageDéclenchement par l'ONU de l'opération LIBAGE destinée à sauver les populations kurdes chassées par la guerre du Golfe de leurs zones d'implantation (Syrie, Irak et Iran). La France va fournir 2.153 hommes, aux ordres du général Le Page, prélevés sur les 3e et 8e RPIMa, le 9e RCS et le 7e RPCS. Les opérations vont durer du 8 avril au 20 juillet avec un succès total. À l'échéance, l'aide humanitaire est confiée aux ONG.
Cliquez pour agrandir l'imageCombat de Guéréda (Tchad - NE d'Abéché). Le capitaine Chauvelot, avec 6 officiers et 4 sous-officiers Européens, 202 tirailleurs et 50 auxiliaires Ouaddaïens, a pour mission d'interdire l'accès du Tchad à Adem Roudjal. Ce sultan du Darfour arrive avec 4.000 hommes dont 200 cavaliers, la plupart armés de fusils à tir rapide, suivi de 800 cavaliers et de pillards. Il est déjà installé au puits de Guéréda. Chauvelot n'hésite pas. Il place ses quatre sections en ligne (lieutenants Hamel, de Jonquières, Crepin et Georg) et s'avance face à 5 ou 600 guerriers et, à moins de 100 mètres, lance l'assaut à la baïonnette. C'est la débandade chez l'adversaire. La compagnie française n'a que 17 blessés légers. L'ennemi laisse sur le terrain plus de 200 morts dont 10 de ses chefs, 45 chevaux et 3 bannières.
Cliquez pour agrandir l'imageInauguration à Paris de "l'Exposition Coloniale" dont le comité d'organisation était présidé par le Maréchal Lyautey qui prédit dans son discours inaugural : "Notre action ne vaudra comme efficacité que sous la condition de ne pas croire à l'infaillibilité et à la perfection de nos procédés et de nos institutions. D'avoir l'œil constamment ouvert sur ce qu'il peut y avoir, chez ces frères différents, de meilleur que chez nous, de garder le souci incessant de nous adapter à leurs statuts, à leurs  traditions, à leurs coutumes, à leurs croyances, en un mot, de les comprendre". Cette remarquable exposition se clôturera le 16 novembre : elle avait accueilli plus de huit millions de visiteurs. À cette occasion, la Direction des Troupes Coloniales publia une Histoire des colonies françaises en neuf volumes accompagnés de dix autres présentant l'historique détaillé de chacune des composantes de
l'Arme et de ses services, ainsi que deux ouvrages dédiés à ses grands chefs.
Cliquez pour agrandir l'imageCréation à Qastina (Palestine) de la 1ère DFL (Division Française Libre) qui rassemble la totalité des formations "Free French", à savoir : le BM 2, le BIM, le BM 1, le BM 4, le bataillon de fusiliers marins et la 13e DBLE, plus une compagnie de chars, un escadron de Spahis marocains, un groupe d'artillerie et une compagnie de Génie. Articulée en deux brigades, elle est aux ordres du général Legentilhomme.
Cliquez pour agrandir l'imageLa division de marine de l'amiral Bruat, qui comprend trois brigades (une d'infanterie de la Marine, une de fusiliers marins et une d'infanterie de ligne), pénètre dans Paris le 21 mai. Elle reçoit l'ordre de se porter sur la prison de la Roquette dans la nuit du 27 au 28. Elle arrache à la mort 169 otages et sauve l'église Saint-Antoine minée et menacée d'explosion. En sept jours, elle perd 30 hommes dont 2 officiers et compte 362 blessés et 12 disparus. L'amiral Porthuau, ministre de Marine, lui adresse alors le message suivant "Appelés à assister vos braves frères de l'armée de Terre lorsqu'il a fallu défendre la patrie contre l'étranger, vous avez participé à toutes leurs fatigues, à tous les dangers et votre dévouement a égalé le leur. Vous venez enfin de donner de nouvelles preuves de ce dévouement qui vous distingue si éminemment dans l'horrible lutte contre la criminelle insurrection de Paris. Vous vous êtes honorés une fois de plus et vous avez fait rejaillir par vos vertus guerrières sur le corps auquel vous appartenez un éclat qui ne s'éteindra pas".
Cliquez pour agrandir l'imageDu lieutenant-colonel Lyautey à son ami M. de Vogüe : "Et je chante toujours le même refrain : quel magnifique spécimen que l'officier subalterne français des troupes de marine. Il leur manque un Rudyard Kipling. Il n'a rien chanté qui leur soit supérieur en force, en endurance, en volonté, en belle humeur et ils ont sur ses héros la supériorité d'être de vrais Français. Ils ne sont ni saouls, ni brutaux et ils ont de jeunes figures claires et ouvertes et non des faces de bouledogues. Ah Misère ! Misère de penser que l'œuvre qui, pour les camarades d'en face, suscite un Kipling, chez nous, tellement plus haute, plus humaine, ne suscite que des pamphlétaires !"
Cliquez pour agrandir l'imageDéclenchement de l'offensive Viet-Minh sur le Day (Tonkin). Le 30, Ninh Binh est submergée à l'exception de son église défendue par un de nos commandos qui tiendra jusqu'à l'aube. Le 31 à 3h, l'offensive reprend en direction de Nam Dinh avec la totalité de la division 308. Sept bataillons se ruent à l'assaut des pitons qui dominent le fleuve et sont tenus par deux compagnies. L'une d'elles du 1er chasseurs, est commandée par le lieutenant Bernard de Lattre qui sera tué. Le général de Lattre de Tassigny, commandant en chef en Indochine, réagit vigoureusement et met en œuvre trois groupes mobiles dont le GM 1, quatre groupes d'artillerie, un groupement blindé, le 7e BCCP et le commando 2412. Les combats seront particulièrement durs les 4 et 5 juin, nos pertes sérieuses, mais la victoire sera acquise le 8 et le nettoyage de la région se poursuivra jusqu'à Thaï Binh.
Armistice de Saint-Jean d'Acre entre représentants des gouvernements alliés et de Vichy après 34 jours de combats au Liban et en Syrie. Les pertes sont très lourdes de part et d'autre : 4300 tués et blessés du côté britannique et FFL, 3500 parmi les troupes du Levant. Les militaires français des deux bords sont séparés par les Anglais :
  • à ceux "de Vichy", il est offert de rejoindre soit la métropole, soit la France Libre. Près de 5000 Français, légionnaires (6e REI), tirailleurs nord africains et sénégalais optent pour la France Libre. Les 33 300 autres, leurs familles et les fonctionnaires sont rapatriés sur la métropole ou l'Afrique du Nord. Parmi ceux qui rejoignent la métropole, la majorité entrera dans la Résistance et beaucoup gagneront l'Afrique du Nord par l'Espagne à partir d'octobre 1942.
  • du côté de la France Libre, la 1ère DFL ne recrute guère plus que ce qui lui est nécessaire pour combler ses pertes.
Les morts sont enterrés côte à côte avec l'unique mention "Mort pour la France".
À l'occasion de l'exposition coloniale, le défilé est dédié à "l'Arme coloniale". Il emprunte les Champs-Elysées et se poursuit sur les grands boulevards au milieu d'une foule immense et enthousiaste. Il est précédé par des détachements portant les uniformes de toutes les unités ayant servi depuis le XVII ème siècle dans l'Empire français. Suivent ensuite les drapeaux de toutes les unités coloniales ayant participé à la Grande Guerre. C'est enfin le général d'armée Gouraud qui défile en tête des troupes sous les acclamations du public.
Un décret crée, au sein du 4e de Marine à Toulon, une section de Télégraphistes coloniaux (STC), élément fondateur du Corps des Télégraphistes Coloniaux (CTC). Ils sont alors 6 officiers, 31 sous-officiers et 186 marsouins. Sur un effectif de 223, 120 sont en service aux colonies.
L'attaque de la base aéronavale de Bizerte (Tunisie) par les forces armées tunisiennes entraîne une riposte immédiate du gouvernement français. Vers 18 h 30, largage sous le feu des premières compagnies du 2e RPIMa (chef de bataillon Mollo) et début des opérations de dégagement. Le 20 juillet à 15 h 15, les éléments du 3e RPIMa (lieutenant-colonel Le Borgne) sont déposés sur l'aérodrome de Sidi Ahmed, toujours sous le feu adverse. Avec l'appui des appareils de l'aéronavale et des éléments de la base, la place sera dégagée le 22 juillet au soir au prix de pertes assez lourdes : 19 tués et 93 blessés de notre côté, 723 tués et 656 blessés du côté tunisien. Un important stock de matériels de guerre est saisi.
Cliquez pour agrandir l'imageRemontant depuis l'Atlantique le cours du Congo (ou Zaïre), l'explorateur américain Stanley, travaillant pour le compte des Anglais et du roi des Belges Léopold II, arrive devant le poste de M'Foa (future Brazzaville), pensant y imposer sa présence. Nullement intimidé par les moyens puissants dont dispose l'intéressé, le sergent de tirailleurs sénégalais Malamine, chef du poste confié par Savorgnan de Brazza, en attendant son retour, présente à Stanley le texte du traité signé en 1880 entre son chef et Makoko et fait respecter le drapeau et les droits de la France. De retour le 1er janvier 1882, Stanley sera de nouveau éconduit de la même façon. Renonçant à ses prétentions, il s'installera sur la rive gauche du fleuve où il fondera Léopoldville.
Le capitaine Félix, de l'artillerie coloniale, bat le record du monde d'altitude en aéroplane à 3 350 m. Avec plusieurs marsouins et bigors, il préfigure l'engagement de nos aviateurs dans la Première Guerre mondiale.
Création à Beyrouth du BM 11, constitué à partir du BM 1 (FFL) et complété par les 330 marsouins des 17e RTS et 24e RIC (régiments tenant garnison en Syrie), qui avaient suivi leur chef, le capitaine Lorotte, pour rejoindre la France Libre dès le 27 juin 1940. Le BM 11 est alors commandé par le capitaine Langlois. Il participera à toutes les campagnes de la 1ère DFL et donnera naissance au II/1er RIC le 15 mai 1945.
Dans la région de Dabadougou (Soudan), le lieutenant Mangin, à la tête du peloton de spahis sénégalais de Kankan, effectue plusieurs charges pour dégager l'infanterie en difficulté face aux "sofas" de Samory ; son cheval est tué sous lui. Peu après, Mangin traverse à la nage, sous le feu adverse, la rivière Kolenfi qui sépare les deux éléments français pour assurer ainsi leur coordination et permettre de remporter la victoire.
Le groupe nomade (GN) d'Atar (Mauritanie), commandé par le lieutenant Lorinet, est attaqué peu avant l'aube à son carré de Toujounine par un rezzou de 170 hommes emmenés par Mohamed el Mamoun (se disant Commandeur des croyants). Le GN comprend une section de tirailleurs, un groupe de mitrailleuses et le goum du lieutenant Blanc (25 goumiers). Attaqué sur trois côtés, sa situation devient critique lorsque le sergent Martini lance une contre-attaque qui contraint l'adversaire, dont plusieurs des chefs ont été tués, à décrocher. Nos pertes sont lourdes : 3 sergents, 31 tirailleurs et 3 goumiers sont tués. L'adversaire a perdu 23 tués, 16 blessés et 34 armes. Peu après, arrivent d'Atar les sections des lieutenants Poletti et Janneau avec des partisans. Lorinet lance aussitôt la poursuite qui se terminera, le 11, à Arouenit, par la destruction du rezzou.
Cliquez pour agrandir l'imageDéclenchement de l'opération BAUMIER au Zaïre. II s'agit d'évacuer la population française de Kinshasa, Kisangani et Kolwezi menacée par une révolte populaire qui cible le président Mobutu, chef de l'État zaïrois. La mission est confiée aux 1er et 21e RIMa et aux 3e et 8e RPIMa. Dès le 25, tous nos ressortissants, regroupés à Kinshasa, sont évacués vers Brazzaville par le fleuve Congo. Le caporal-chef Richard Rabret du 3e RPIMa est tué dans la nuit du 24 au 25; une plaque à sa mémoire a été dévoilée à l'ambassade de France de Kinshasa, le 21 août 1992.
En Corée, le sergent Petit Male trouve la mort en se lançant à l'assaut d'une résistance chinoise fortement organisée. Né en 1925, il avait fait ses premières armes dans la Résistance avant de participer aux combats de la Libération, d'Alsace et d'Allemagne. Il s'engage ensuite au 21ème RIC, effectue un séjour en Indochine et, en 1950, opte pour le bataillon de Corée où il va se distinguer par ses hautes qualités morales. Fait chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume, il était titulaire de la Médaille militaire et des croix de guerre 1939-1945 et TOE avec 8 citations. Son nom a été donné à la 178e promotion de l'ENSOA en septembre 1999.
Cliquez pour agrandir l'imageLors des combats de Nghia-Lo (Tonkin), la section du lieutenant Truchot du 8e BCCP (42 marsouins parachutistes), isolée en tête de sa compagnie, est prise dans une violente embuscade. Elle se défend au corps à corps et ne cesse le combat que faute de munitions. Presque tous les hommes sont tués ou blessés. Cinq d'entre eux seulement survivront à la captivité. Au tristement célèbre Camp 113, le lieutenant Truchot sera pour tous un exemple de dignité et de courage. Refusant tout endoctrinement, il préférera mourir plutôt que de donner l'apparence même d'une soumission.
Cliquez pour agrandir l'imageL'adjudant-chef Georges Quentin du 2e régiment mixte du Cambodge trouve la mort, lors de l'attaque de son poste de Phum Takeo par 700 rebelles. Né en 1914 d'un père mort pour la France la même année, il s'engage en 1933 au 5e RTS au Maroc. Sergent-chef au 24e RTS, il est grièvement blessé et cité mais réformé le 25 mai 1940. II réussit pourtant à reprendre du service. Adjudant en 1943, il participe aux Campagnes d'Italie, de France et d'Allemagne, y gagnant plusieurs citations. En 1947, à Madagascar, il obtient une nouvelle citation lors de la lutte contre la rébellion. Il était chevalier de la Légion d'honneur, Médaillé militaire et titulaire de plusieurs citations à ses croix de guerre 39-45 et TOE. Son nom a été donné à la 110e promotion de l'ENSOA le 20 juillet 1984.
Cliquez pour agrandir l'imageTraité "de Nango", entre le capitaine Gallieni et Ahmadou, Sultan des Toucouleurs, qui le tient depuis dix mois à sa merci. Gallieni obtient néanmoins pour la France le droit de circulation et de commerce exclusif dans tout l'empire toucouleur, le protectorat français sur le cours du Niger, de ses sources jusqu'à Tombouctou, ainsi que le monopole de navigation et d'établissement sur le fleuve. Ahmadou reçoit en contrepartie 4 canons, 1.000 fusils, des munitions et une rente de 10.000 F/or.
Le lieutenant-colonel Moll, l'un des créateurs du Tchad, en colonne dans le Massalit, trouve la mort au combat de Doroté contre le sultan Tadjeddine qui dispose de plus de 6.000 guerriers. Mais ses hommes réussissent à mettre l'ennemi en déroute en dépit de leurs lourdes pertes : 8 européens, dont 2 officiers, et 30 tirailleurs tués, 68 blessés dont 4 européens. Le corps deTadjeddine, chef des massalits, reste entre nos mains, 600 de ses guerriers ont été tués. Souvent comparé au général Hoche, le lieutenant-colonel Moll était à la fois officier, diplomate, administrateur, explorateur, géographe et appelé au plus brillant avenir. Un monument à sa mémoire, a été érigé à Vitry-le-François (Marne), sa ville natale. L'Assemblée nationale et le Sénat rendirent hommage aux victimes françaises de ce combat.
Cliquez pour agrandir l'imageAu Gabon, la capitulation de Port Gentil et l'entrée dans Libreville marquent la fin de la campagne pour le ralliement du Gabon à la France Libre. Les opérations ont commencé le 12 octobre, commandées par le lieutenant-colonel Parant, avec le BM1, le groupe franc du commandant Dio, les quelques chars du lieutenant Volvey et des légionnaires du commandant Koenig. Renforcés par le BM 4, une batterie d'artillerie coloniale, des fusiliers marins et avec l'appui de corvettes des Forces navales françaises libres (FNFL) et britanniques qui coulent le sous-marin Poncelet (capitaine de corvette de Saussine) dont le commandant parvient à évacuer son équipage avant de disparaître avec son bâtiment. Les combats avaient provoqué une vingtaine de morts dont le gouverneur, M. Masson qui se suicida, désespéré d'avoir été l'instrument d'une lutte fratricide. Le ralliement de l'AEF est capital pour la survie de la France Libre dont les effectifs militaires n'atteignaient pas 5.000 hommes et qui, d'un seul coup, se grossissent de 17.500 hommes.
Le "détachement spécial" d'artillerie de marine du chef d'escadron Javouhey, composé d'artilleurs de marine et de francs-tireurs, a reçu pour mission d'opérer des destructions et des coups de main contre les voies ferrées qui sont capitales pour le ravitaillement allemand. Il est centré sur Langres (Haute Marne).Ce jour-là, il détruit un important dépôt à Châteauvillain (Haute-Marne). Le 25 décembre, le chef d'escadron Javouhey provoque près du village d'Orges le déraillement d'un train de troupes qu'il attaque aussitôt. Grièvement blessé, il est sauvé des mains de l'ennemi par le brigadier Roux. Il poursuivra ses actions de guérilla toujours avec succès jusque fin janvier 1871.
Cliquez pour agrandir l'imageBataille de Vendôme. Le général Chanzy, qui commande la IIe armée de la Loire, est attaqué entre Fréteval et Vendôme (Loir et Cher) par l'armée prussienne du prince Frédéric-Charles de Prusse. Ses moyens sont notoirement inférieurs à ceux de son adversaire mais il parvient à rompre le combat et à se dégager en direction du Mans (Sarthe) tout en détruisant les ponts sur le Loir. Les 9e bataillon (commandant Meynier) et 10e bataillon (commandant Herbillon) de l'infanterie de marine sont durement engagés et vont perdre 63 tués, 153 blessés et 79 disparus avant de couvrir la retraite de l'armée en direction du Mans.
Combat de Pont Noyelles (Somme). Le général Faidherbe avec son armée du Nord est attaqué par les Allemands de Von Manteuffel, supérieurs en nombre et en armement. Les marsouins du 8e bataillon d'infanterie de marine (commandant Pasquet de la Broue) contre-attaquent avec tant de fougue, au son du clairon et emmenés par Faidherbe lui-même, qu'ils chassent l'ennemi du village, permettant à l'armée de se retirer sans mal le lendemain.
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